Que faire contre le ronflement ?

Troubles du sommeil - 8 minutes de lecture

Que faire contre le ronflement ?

Sleep Hackademy Team
Sleep Hackademy Team Rédacteurs

Le ronflement : une symphonie dans la nuit !

Il rime avec agaçant, contraignant, mais surtout avec bruyant. Il est une mélodie (pas celle du bonheur !) qui rythme un peu trop souvent nos nuits, et l’une des causes majeures du syndrome de la « chambre à part » pour les couples, quand il n’est pas à l’origine de réprimandes conjugales, voire même de coups de coude réprobateurs et désespérés. Vous l’aurez compris, c’est bien du ronflement dont il est ici question !

Au-delà des sourires et des anecdotes parfois amusantes à l’évocation de son nom, ce trouble respiratoire du sommeil n’est pas si banal ou anodin que cela, tant il a un impact réel sur la qualité du sommeil de la personne qui en est victime, mais aussi de son conjoint, ou plutôt de SA conjointe dans la majorité des cas. On peut lire ou entendre beaucoup de choses à propos de ce bruyant phénomène. Que peut-on faire contre le ronflement ? Existe-t-il des solutions efficaces pour arrêter de ronfler ? Voici ce que vous devez savoir sur les ronflements, ces bruits qu’on préfèrerait ne plus entendre !

Que faire contre le ronflement ?|Sleep Hackademy

Le ronflement, qu’est-ce que c’est ?

Le ronflement, également appelé ronchopathie, est une vibration du pharynx. Le relâchement des muscles du voile du palais, de l’arrière-gorge, de la luette et de la langue, crée un rétrécissement des voies respiratoires. Pendant la respiration, le passage de l’aire est perturbé par l’obstruction des voies aériennes, ce qui a pour conséquences de faire vibrer les tissus mous du palais ainsi que la luette. Plus les voies respiratoires sont obstruées, plus grand est l’effort pour inspirer et expirer, et donc plus forte est l’intensité du ronflement.

En parlant d’intensité, il s’avère que les ronflements peuvent être très bruyants. En effet, un ronflement « moyen » est généralement mesuré entre 45 et 60 dB (décibels), ce qui correspondrait au volume sonore d’une voix. Cependant, certains ronflements intenses ont été mesurés jusqu’à 90 dB, soit l’équivalent du bruit que ferait un camion en marche. Dormir ou conduire (le camion), il faut choisir !

Le ronflement est souvent associé à un autre trouble respiratoire majeur, à savoir l’apnée du sommeil. Le ronflement en est en effet un symptôme, et son association avec cette dernière est tout sauf anodine au regard des conséquences de l’apnée obstructive du sommeil, lesquelles peuvent s’avérer très néfastes pour la santé.

Les chiffres du ronflement

Les ronfleurs et ronfleuses sont relativement nombreux ! Ce trouble respiratoire est en effet assez répandu comme le révèle notamment une étude de 20051 effectuée sur plus de 1200 personnes. Il apparaîtrait, en moyenne, que 8,9 % des femmes ronfleraient, alors que cela serait le cas pour près de 29,5 % des hommes. Concernant les ronflements dits « sévères », ils ne concerneraient que 2,1 % des femmes contre près de 10 % des hommes. On constate ainsi que la prévalence du ronflement est plus importante chez les hommes que chez les femmes. Cette étude rapporte que dans les cas de ronflements sévères, ils étaient suffisamment gênants pour que « les colocataires quittent la chambre » afin de dormir dans une autre pièce.

En outre, il semblerait qu’en vieillissant, la part des ronfleurs au sein de la population augmente. Un sondage relayé par l’association « SleepFoundation » au États-Unis en 2003 révèle que plus de « 40 % des personnes âgés de 55 à 64 ans déclarent avoir ronflé au moins quelques nuits par semaine » et que les hommes étaient « plus susceptibles que les femmes de ronfler au moins quelques nuits par semaine » (« 40 % contre 26 % »).

Quelles sont les causes du ronflement ?

L’association entre l’apnée obstructive du sommeil et le ronflement s’explique par leurs origines. En effet, les principales causes du ronflement2 sont les mêmes que pour l’AOS :

  • obésité, surpoids : un surplus de graisse s’accumule dans le cou et diminue le débit des voies respiratoires
  • l’âge : la perte de tonus musculaire due au vieillissement favorise le relâchement du voile du palais, de la langue, de la luette et des muscles de l’arrière-gorge
  • obstruction nasale ou nasopharyngée : rhinite allergique, rhino-pharyngite, angine, malformation anatomique (antécédents chirurgicaux, composante anatomique, anomalie crânio-faciale…)
  • consommation de tabac, alcool, somnifères
  • dormir sur le dos : provoque un rétrécissement des voies aériennes

Outre les facteurs précités, certaines catégories de personnes peuvent être considérées « à risques » face à la ronchopathie :

D’autre part, une étude datant de 20166 a mis en évidence qu’après 50 ans, la proportion de femmes qui ronflent augmente significativement jusqu’à arriver au même niveau que celle des hommes après 60 ans. Cela est probablement dû à la ménopause (action de la progestérone) et à la moins bonne protection des tissus qui en résulte.

Symptômes et diagnostic du ronflement

Là encore, les symptômes du ronflement sont similaires à ceux de l’apnée obstructive du sommeil, mais la principale manifestation des ronflements est bien entendu le bruit caractéristique des vibrations qui intervient pendant la nuit, avec son lot de décibels et de réveils (surtout pour le conjoint !) :

  • bruit des ronflements
  • fatigue, somnolences diurnes
  • maux de tête
  • problèmes de concentration et de mémorisation
  • irritabilité
Les joies bruyantes du couple|Sleep Hackademy

La mauvaise humeur du conjoint, du colocataire, des membres de la famille ou de toute personne ayant dû subir une agression sonore nocturne est également un symptôme à prendre en compte ! Si cela se répète, il est alors probablement temps de consulter un médecin. Dans ce cas, comment peut-on diagnostiquer les ronflements ?

En cas « d’alerte » au vue des symptômes de la ronchopathie, essentiellement le bruit qu’elle cause et qui peut être le signe le plus net, il convient de consulter un médecin. Celui-ci pratique un examen clinique afin de vérifier une éventuelle obstruction des voies respiratoires. Il contrôle le voile du palais afin de mettre en évidence la présence de faux piliers ou de piliers postérieurs épaissis pouvant être à l’origine du rétrécissement de l’oropharynx. Il peut également constater un épaississement de la luette ou toute autre anomalie telle qu’une déviation de la cloison nasale, ou encore une hypertrophie des cornets.

D’autres examens plus poussés peuvent s’avérer nécessaires afin de révéler certaines anomalies, vérifier la qualité du sommeil ou constater des pathologies associées (apnée du sommeil) :

  • polysomnographie : examen complet de référence pour mesurer différentes variables physiologiques pendant le sommeil (rythme respiratoire et cardiaque, électroencéphalogramme, électromyogramme…)
  • imagerie : IRM, scanner
  • radiographie des poumons
  • électrocardiogramme
  • épreuves fonctionnelles respiratoires
  • bilan biologique

Quels traitements pour combattre le ronflement ?

Il est tout à fait possible de lutter contre le ronflement de manière efficace. On peut mieux dormir, améliorer la qualité du sommeil, faciliter la respiration, voire même arrêter de ronfler grâce à certains dispositifs anti-ronflements ou à la chirurgie, mais avant cela, une bonne hygiène de vie peut déjà permettre de limiter la ronchopathie.

Tout d’abord, il faut éviter ce qui peut « faire ronfler » :

  • fumer
  • consommer de l’alcool
  • prendre des somnifères

Ensuite, on peut essayer de changer de position pour dormir, en évitant de dormir sur le dos. De plus, perdre du poids est un réel facteur anti-ronflement comme le confirment certaines études7 : une perte de poids jusqu’à 7 kg permettrait même « une quasi-élimination des ronflements » lorsqu’elle est associée à un changement de position pour dormir et à l’utilisation d’un spray nasal décongestionnant !

Des traitements non chirurgicaux offrent également de bons résultats :

  • orthèses d’avancée mandibulaire ou « gouttières » : c’est une sorte de protège-dents qui permet de maintenir efficacement8 la mâchoire inférieure en position avancée, ce qui favorise l’ouverture des voies aériennes en empêchant l’affaissement de la langue au fond de la gorge durant le sommeil
  • ventilation spontanée en pression positive (« PPC » ou « CPAP ») : dispositif de ventilation continue permettant de maintenir les voies respiratoires ouvertes (au moyen d’un masque) pour aider le passage de l’air pendant la nuit
  • bandelettes nasales ou dilatateur nasal
  • spray nasal

Il existe d’autres « remèdes » ou solutions anti-ronflements dont l’efficacité n’est pas clairement établie, parmi lesquelles les huiles essentielles (menthe poivrée, eucalyptus), l’acupuncture, les pastilles à sucer ou encore les oreillers anti-ronflements. De plus, pour les « victimes collatérales » des ronflements, les bonnes vieilles boules quies sont fortement recommandées !

Enfin, quand les autres traitements sont insuffisants ou inefficaces, il faut parfois s’en remettre à des traitements chirurgicaux et consulter un ORL afin de guérir les ronflements :

  • septoplastie : correction de la déviation de cloison nasale
  • amygdalectomie, ablation des végétations
  • somnoplastie : intervention sur le voile du palais, soit par laser (abrasif et sous anesthésie générale), soit par radiofréquence (moins abrasif et sous anesthésie locale), ou encore par chirurgie
  • pharyngotomie : intervention chirurgicale sous anesthésie générale en cas de ronflements très sévères associés à de l’apnée du sommeil, on enlève la luette ainsi qu’une partie du voile du palais, de même que la partie supérieurs des piliers amygdaliens
  • vaporisation de l’oropharynx au « laser CO2 »

Comme pour l’apnée obstructive du sommeil, toute intervention avec anesthésie comprend des risques liés à la perte de tonus musculaire et il faut être vigilant quant aux complications post-opératoires qui peuvent en résulter

Le ronflement est donc un trouble respiratoire qui peut être traité de plusieurs façons, la chirurgie n’étant pas forcément la première option. En effet, l’hygiène de vie et les orthèses anti-ronflements, entre autres, donnent des résultats satisfaisants afin de combattre la ronchopathie, et permettent ainsi de mieux dormir. Si le fait de ronfler n’est en soi pas dangereux pour la santé, il peut être un symptôme de troubles respiratoires plus graves (apnée du sommeil), et ne doit pas être négligé. De plus, l’impact social sur l’entourage du ronfleur est bien réel.

Les traitements et dispositifs anti-ronflements disponibles procurent des résultats validés et convaincants. On n’est donc pas obligé d’en arriver à des solutions telles que de faire chambre à part ou, comme dans un célèbre film (avec un certain Louis De Funès), de recourir à des subterfuges pas toujours très probants, quoique très divertissants à regarder !

Pour sourire quelques instants, voici un extrait du film «La Grande Vadrouille», publié par « Rue du bien-être » sur « Youtube », et sa célèbre scène du ronflement ! À éventuellement tester chez vous en cas de besoin !

Sources :

[1] The prevalence of snoring in adult population, C.O. Kara, M. Zencir et al, « Journal of Ear, Nose and Throat », 2005 [2] Common Causes of Snoring, site « SleepFoundation », 2020 [3] Sleep-disordered breathing in children, S. Cohen-Gogo, J.Métreau et al, « Archives de pédiatrie », février 2009 [4] et [6] The gender difference of snore distribution and increased tendency to snore in women with menopausal syndrome: a general population study , Li-Pang Chuang, Shih-Wei Lin et al, “Sleep and Breathing”, décembre 2016 [5] Sleep disordered breathing in pregnancy, B.I. Balserak, « Breath », décembre 2015 [7] Treatment for snoring. Combined weight loss, sleeping on side, and nasal spray, H.M. Braver, A.J. Block et al, « Chest. », mai 1995 [8] Oral appliances for the treatment of snoring and obstructive sleep apnea: a review, W. Schmidt-Nowara, A. Lowe et al, « Sleep », 1995

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